EN MAGNUM / JUIN – JUILLET – AOÛT 2026 / Article Champion de terroir
Champion de terroir
Depuis 2020, William Jonquères d’Oriola préside aux destinées du domaine familial, dans le Roussillon. Héritier d’une lignée qui conjugue viticulture et sport de haut niveau, ce Catalan aux racines écossaises y signe des vins d’une grande justesse.
par Mathilde Hulot
Mordu d’équitation ou pas, vous apprécierez la photo en noir et blanc de ce couple improbable qui saute un obstacle de 2,10 mètres. Le cheval semble faire un saut de puce, le cavalier ne marque pas plus d’effort, coiffé d’un chapeau haut de forme. Tout semble si simple et naturel. C’est Joseph, l’arrière-grand-père de William Jonquères d’Oriola, au début du XXᵉ siècle. Son fils Pierre sera double médaillé olympique en CSO (Concours de saut d’obstacle), à Helsinki en 1952 et Tokyo en 1964, et alignera plus de cinq cents victoires en vingt-cinq ans de compétition. Son frère Christophe remportera plusieurs fois les titres de champion de France et d’Europe dans la même discipline. Dans la famille Jonquères d’Oriola, il y a aussi Christian, le cousin de Pierre, champion d’escrime. Pierre pratiquait aussi le rugby, au poste de trois-quarts aile.
Pourtant, ces sportifs de haut niveau sont toujours et avant tout vignerons dans le Roussillon. Au château Corneilla del Vercol, au sud de Perpignan, où l’on fait du vin depuis 1485. Un bijou médiéval bâti par les Templiers au XIIIᵉ siècle, face au Canigou. C’est là, dans son antre, que sont vinifiés les vins. En tout, la famille veille sur 70 hectares de vignes en propriété et 8 000 oliviers, de l’arbéquine et de l’olivière, des variétés catalanes dont elle tire une huile vierge extra. Le tout en bio et biodynamie.
Côté sport, William Jonquères d’Oriola avait l’embarras du choix. Il opte pour le rugby, avec son physique de Highlander. Mais son plus beau terrain de jeu reste le vin. La vigne, la cave. Impliqué du sol jusqu’à l’étiquette, sans concession. Il va même jusqu’à délaisser le ballon ovale. Il en garde la force, quand il emmène ses troupes très tôt le matin par exemple, à la fraîche, pendant les vendanges, pour éviter oxydation et sulfitage. Il sait le vin qu’il veut voir dans ses bouteilles : ni des petites infusions, ni des vins lourds, il recherche l’intensité du terroir.
Terrain de jeu
Ses vingt-six cuvées suivent cette ligne, ce sont des vins parfumés, purs, expressifs et délicats. L’Indigène 2025, côtes-du-roussillon blanc, joue l’équilibre entre grenaches gris et blanc et rolle, avec ses notes de foin, de fleurs blanches, de citron vert et de verveine. Le collioure blanc Col de Mollo 2024, issu de schistes à 231 mètres d’altitude, déploie des arômes de muguet, de mirabelle et de poire. En rouge, Les Candelles 2022, également en côtes-du-roussillon, offre un fruit sudiste, framboise et cassis, un grain de tannin fin, une touche boisée discrète et une belle longueur.
À son arrivée, William admet avoir bousculé son père Philippe, le fils de Christophe. Il a refondu la gamme, tout vinifié en parcellaire, poussé les maturités, affiné les profils. « J’ai fait un gros travail avec lui. D’ailleurs, je salue le bonhomme ! Quelle humilité », raconte le quadragénaire, ému. « Il m’a ouvert la porte en grand et m’a laissé tout chambouler. Ce n’est pas donné à tout le monde. » Cette transition entre père et fils qui a duré dix ans, main dans la main, est symbolisée par la cuvée Cavalcade en blanc, rosé et rouge, issue du terroir des Aspres, acquis en 2013. Le blanc séduit par son ampleur aromatique, sa bouche riche et onctueuse. Le rosé, blanc de noirs issu de mourvèdre et de grenache, joue la subtilité. Le rouge, porté par les fruits rouges, trouve le juste équilibre entre fraîcheur, matière et tannin, avec une finale longue et charnue.
À 75 ans, Philippe est en pleine forme. « Je me confie à lui lors des grandes décisions », poursuit William. De sa mère qui était géologue lui vient cette attention aux terroirs du Roussillon et à leur profondeur. La relève semble déjà se dessiner à travers ses trois enfants, deux garçons et une fille, âgés de 8 à 4 ans, qui montent à poney et jouent au rugby. Une transmission qui semble aller de soi. William adore cette combinaison des deux sports : « L’équitation, c’est être à l’écoute de l’animal, s’affirmer, avoir une certaine rigueur. Quant au rugby, ça leur apprend à tomber, à se relever. Ce sport noble construit les hommes qui avancent. »
Cette nouvelle édition aura lieu le 21 mars 2026 au Château de Corneilla à Corneilla del Vercol pour une vente de nos vins.
Lors de cette journée, vous pourrez découvrir, en famille ou entre amis, les vins des 12 vigneronnes de l’association Vins de Femmes et rencontrer les membres de l’association Alice et les petits Guerriers.
Pour la restauration, nous serons accompagnées de Le Point Jay, Le Brasero, Henri Tuilagi, La Camionnette Verte, Chez Mignon et La Camionnette du Steph pour ravir vos papilles.
20% des recettes de la journée de l’association Vins de Femmes (stands vin et restauration) seront reversées à l’association Alice et les petits Guerriers.
Cathy de l’Imprimerie Faraill et Sabine Pritchard continuent l’aventure à nos côtés en nous offrant leurs talents artistiques.
L’animation musicale sera assurée par Arno G Swing DUO.
